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Homélie Assomption 15 août 2009 Saint-Pierre Notre Dame

" En cette fête de l’Assomption, nous voici comme en randonnée et nos regards se tournent spontanément vers Marie comme un sommet à portée de vue, à l’horizon. Et comment ne pas nous réjouir qu’elle soit désormais près de Dieu avec tout ce que fut son humanité, son corps, son esprit, son âme, assumé dans l’amour, dans l’Esprit-saint grâce au Christ ressuscité.

Mais ne nous attardons pas trop à l’admirer dans sa gloire du ciel, ou du moins si nous admirons le sommet de vie chrétienne qu’elle est pour nous, c’est bien en ce qu’il doit sans cesse inspirer notre propre manière de vivre en disciple du Christ, de marcher avec Jésus. C’est toujours en lien avec le Christ que se comprend la foi de Marie ; c’est lui le sommet plus grand encore que désigne Marie pour nous ouvrir à la grandeur du ciel, à Dieu même. Et c’est toujours comme disciple, en Eglise, avec d’autres compagnons de marche que nous comprenons la pertinence toujours nouvelle du chemin de Marie.

Je vous propose trois pistes, trois chemins à parcourir avec elle dans la suite du Christ en Eglise. Trois chemins d’humanité vraie, trois chemins qui parfois se rejoignent, se croisent, mais qui je l’espère nous rapprochent par Marie, avec le Christ, de Dieu lui-même.

1° chemin, avec Marie, grâce au Christ,soyons une Eglise qui se reçoit de Dieu.

Quand on se met en marche, on perçoit plus notre corps, ses chances et ses limites, et nous pouvons le recevoir comme un don de Dieu. Nous redécouvrons la vie comme don de Dieu. Marie se met en route elle aussi, rapidement pour la maison de Zacharie pour saluer Elisabeth. Voici que sa cousine reconnaît en elle une femme heureuse d’avoir cru à l’accomplissement de la Parole du Seigneur.

Vivre en disciple, c’est recevoir la vie par cette parole partagée en Eglise, cette parole à méditer, pages d’évangiles à savourer, comme autant de fraises des bois, de mûres sauvages, offertes par Dieu pour continuer notre marche avec lui.

Marie s’est accomplie comme une croyante accueillant Dieu, sa parole devenue chair, devenue corps en Jésus, mais aussi accueillant toute parole de l’Alliance, méditée, écoutée. Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique, dit Jésus.

Et si chaque matin, nous prenions le temps d’accueillir la vie comme un don de Dieu et pourquoi pas en lisant la parole de l’évangile du jour avec les revues Magnificat ou Prions en Eglise ou sur internet

2° chemin, avec Marie, grâce au Christ, soyons une Eglise qui traverse les épreuves de la vie.

N’allons pas trop vite chercher ces épreuves, mais il est des randonnées où l’itinéraire nous fait passer par des chemins plus étroits, des pentes plus ardues où notre confiance est parfois mise à l’épreuve. Suis-je capable d’avancer encore ? Pourquoi me suis-je compliqué la vie à prendre ce chemin ? Parfois, pour aller plus haut, franchir un col, il n’y a pas trente six itinéraires. Telle est l’expérience de cette femme de l’Apocalypse, figure autant de Marie que de l’Eglise, femme confrontée à la douleur, quand bien même c’est celle pleine de promesses de l’enfantement, femme confrontée au mal dans sa monstruosité, mais femme sauvée par Dieu, femme conduite au désert, lieu où l’on éprouve la faim et la soif, mais lieu dans la Bible où Dieu se montre, jour après jour, fidèle avant l’entrée en terre promise. Marie aura traversé les épreuves de la vie, une naissance cahotique dans un lieu où se reposent les bêtes, un exil pour échapper à la tyrannie. Son fils, voici qu’elle le perd dans la foule du pèlerinage à Jérusalem, son fils, son unique, voici qu’elle le perd vraiment dans la folie de la mort sur une croix. Marie éprouvée, mais présente, veillant aux heures sombres, dans l’espérance que Dieu ne décevra pas. Avec Marie, au cœur de l’épreuve, osons nous tourner vers Dieu. Que notre prière ne puisse être qu’un cri, qu’un appel au secours, peu importe, la Bible est pleine de ces prières de croyants, de souffrants, prière de pauvres où se dit notre fragilité comme une brèche où Dieu pourrait traverser nos existences et nous donner malgré tout d’avancer encore.

3° chemin, plus court mais essentiel, avec Marie, grâce au Christ, soyons une Eglise qui vit dans l’action de grâce, dans le merci offert.

Oui, pour nous aussi, le Puissant fit des merveilles. Oui, reconnaissons comment nous sommes cette communauté que Dieu relève, que Dieu comble quand elle se reconnaît affamée de justice, de paix, de Dieu. Le problème ce n’est pas que Dieu ne tient pas ses promesses, mais comme il ne les tient pas de la manière dont nous nous imaginions, nous n’avons pas toujours en notre cœur de quoi rendre grâce ; et si ce temps d’été était le temps favorable pour s’arrêter, mesurer le chemin parcouru, repérer comment Dieu tient sa promesse d’être avec nous, par telle ou telle rencontre, telle ou telle personne. Marie conservait avec soin (cf Luc 2) les évènements comme autant de paroles de vie à recevoir.

Et si chaque soir nous regardions notre vie en la confiant à Dieu pour repérer là où il nous a rejoint en chemin. Dans la joie de cette fête de l’assomption, mettons-nous en route. Recevons la vie de Dieu. Traversons avec lui les épreuves de la vie. Vivons dans l’action de grâce, comme il nous y invite dans l’eucharistie."

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Abbé François Bidaud