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Homélie SP SL 21° dim ordinaire 22 août 2009

Jos, 24, 1-2a. 15-17.18b ; Ps 33 (34) ; Eph 5, 21-32 ; Jn 6, 60-69

« Voulez-vous partir, vous aussi ? »

Voilà bien une question radicale, voilà bien une question de confiance. Laissons-nous bousculer par Jésus.

Pourquoi pose t’il une telle question ?

Ce qu’il vient de dire sur sa propre personne durant tout ce discours sur le Pain de vie est si énorme que beaucoup ont du mal à le suivre. Lui, envoyé du ciel ? Pas moins que ça, lui le gars de Nazareth ? Et Dieu donnerait une nourriture qui donne la vie, vraiment ? Ce Jésus serait plus fort que Moïse ?

Ces questions des disciples vous paraissent peut-être lointaines, mais qui de nous n’a pas eu envie un jour de ne plus suivre le Christ, parce que ce qu’il propose est trop exigeant, parce qu’on ne se sent pas digne de lui, parce ce qu’il dit nous affole, ou parce que dans l’Eglise, dans la communauté chrétienne, on ne sent plus très bien, pris par le doute, par des positions prises qui nous heurtent, qu’on ne comprend pas. Qui de nous n’a pas eu la tentation de fuir, voir qui ne l’a pas fait d’une manière ou d’une autre ? . Et pour faire le lien avec ce que dit Saint-Paul du couple, qui n’aurait pas envie de fuir quand il s’agit de se soumettre ? Qui homme ou femme, n’a pas un jour la tentation de fuir l’autre, de tout laisser tomber ? Et nous le savons, de nos jours, un certain nombre le font.

Soyons clairs. Il est des situations où partir peut être le moindre mal pour éviter le pire, ou parce que les moyens n’ont pas été pris assez tôt pour retrouver des chemins d’avenir, de dialogue, de pardon. Mais essayons de nous dire. Comment tenir ? Comment ne pas fuir ? J’y reviendrai

C’est dire que la question de Jésus reste bien une question pour nous. Dans un sens, tant mieux, pourquoi ? Dieu nous laisse libre, au sens où il ne nous force pas à le suivre. Il semble s’attrister du départ de tant de personnes de la foule, mais il ne les force pas à rester. Le Dieu auquel nous croyons n’agit pas par contrainte. Voilà qui consonne bien avec notre désir de ne pas nous faire avoir.

Mais qu’allons-nous répondre ? Comment trouver la force de dire comme Pierre « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »

La plus grande tentation de la vie chrétienne qui nous empêche d’y voir clair, c’est l’oubli.

Nous sommes amnésiques, et ce n’est pas pour rien que tous les dimanches, nous sommes invités à chanter l’anamnèse, à nous souvenir en mémoire du christ, qu’il est mort pour nous, et dire que nous pouvons oublier ça, qu’Il est vivant en nous, et qu’il reviendra nous prendre avec Lui.

Et il nous faut de temps à autre nous souvenir de ce que Dieu a fait et continue de faire dans notre histoire personnelle et communautaire. C’est ce que fait le peuple hébreu face à la tentation de l’abandon. Il se rappelle tout le chemin parcouru, comment Dieu s’est révélé sauveur, comment il nous sort de nos esclavages de toutes sortes. Dieu nous libère, c’est ce qu’il aime.

Alors je prie pour les couples en difficulté : qu’ils puissent se rappeler ces moments de vérité où l’amour se révèle ; quels moments ? Ce ne sont pas seulement ceux où le sentiment est sûr, le sentiment, ça va , ça vient, mais quand des projets sont vécus ensemble, des difficultés déjà traversées ; l’autre apparaît avec ses défauts, mais les qualités, comment avoir la lucidité de les voir encore ? Voilà une belle prière de demande. Dans le mariage, c’est l’histoire d’une alliance qui est l’image même de l’amour du Christ et de l’Eglise ; c’est fort de café, aussi fort que le discours sur le pain de vie. Les mariés chrétiens sont signe de l’amour du Christ pour son Eglise. Amour éternel.

« Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »

Quelque soit notre situation de vie, marié, veuf ou veuve, célibataire. Prenons le temps de nous arrêter cette semaine devant Dieu, avec lui, en lui demandant. Seigneur, redis-moi quand tu as été présent dans ma vie. Dans quel événement, par l’intermédiaire de quelle personne ? Alors vous pourrez répondre à la question de Jésus.

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Abbé François Bidaud