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Homélie 4° dim ordi C Saint-Louis 31 janvier 10 Année sacerdotale Jr 1, 4-5 ;17-19 ; Ps 70(71) ; 1 Co 12, 31- 13,13, Lc 4, 21-30

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Abbé François Bidaud

Au cœur de cette année sacerdotale, en équipe pastorale, nous avons décidé ce dimanche de parler des prêtres dans les trois églises de la paroisse. Vous pourrez aussi alimenter votre réflexion en lisant Eglise en pays yonnais - Arc en ciel qui aborde ce sujet. Comment l’Ecriture de ce jour résonne pour redire le sens du sacerdoce des prêtres ? J’essaierai de faire ce lien tout en ayant en tête ce que des personnes ont partagé autour de la fiche des Assises de la Mission sur les prêtres. Il me semble qu’une simple clé peut nous aider à mieux saisir le sens du ministère des prêtres, et j’emprunte cette clé à Benoît XVI. Et si nous décrivions le sens de la mission des prêtres par la charité dans la vérité. Derrière le titre de la dernière encyclique, se cache une manière de conjuguer dans une tenson féconde et la vérité et la charité. Commençons par la vérité. Prêtres, nous recevons la charge d’annoncer le Christ, vérité, celui qui nous révèle le Père dans l’Esprit et celui qui nous révèle la vocation de la personne humaine. Cette mission suppose de prendre la parole sans toujours que les auditeurs soient prêts à entendre ; le message est parfois dur, les exigences hors de portée de nos fragilités humaines. Mais le prêtre configuré au Christ-tête se doit de conduire vers le Père, ce qui exige souvent appel aux renoncements, à la conversion. La figure prophétique de Jérémie à laquelle Jésus donne toute sa force dans cet évangile nous révèle qu’annoncer la vérité dérange. Jésus n’est pas compris par les siens. Ce qu’il dit semble étrange, et Jésus ne dément pas faisant référence aux étrangers plus accueillants à la parole de Dieu que ses compatriotes. Les jeunes en partageant sur le fiche des assises de la Mission décrivaient le prêtre comme messager ; ils nous côtoient plus dans les célébrations, et ils entendent le prêtre qui enseigne, et ne seront pas marqués par le vicaire qui faisait du théatre au patro comme les aînés parmi notre communauté. Lors d’une des rencontres, un paroissien s’offusquait de ce qu’un prêtre jadis osait dire dans son sermon : « je vous dis ça mais moi je ne le vivrai pas forcément ». Si le prêtre semblait s’exclure de la mise en œuvre de l’évangile, on peut s’étonner, mais je crois qu’il y a trois vérités à conjuguer : celle de l‘évangile à annoncer, celle de la recherche de cohérence entre ce que je dis et ce que je fais, et celle de l’humble reconnaissance de l’écart entre ce que je dis et ce que je fais qui m’invite à recommencer patiemment dans l’amour. Avant de regarder du côté de cet amour, de la charité, je nous inviterai bien à nous demander si nous reconnaissons dans les prêtres, des hommes que Dieu nous donne pour nous aider à vivre des passages, des Pâques, de conversion en conversion, en nous aidant à déployer la grâce du baptême. Quand Jésus dans cet évangile finit par passer au milieu d’eux alors qu’on voulait le tuer hors de la ville, c’est bien la Pâque, le passage, Passion et la Résurrection qui se profile ; déjà, son parler vrai nous invite à le suivre sur le chemin. Ce qui donne crédibilité à la vérité, c’est l’amour qui s’y révèle. Dans les rencontres autour des fiches des Assises, les jeunes comme les plus anciens pouvaient rendre grâce pour des prêtres leur ayant révélé un Dieu amour, un Dieu qui aime généreusement, un Dieu qui relève, que ce soit dans le sacrement du pardon, dans une homélie ou dans l’accompagnement spirituel. Dieu se dit en vérité dans l’amour, et l’amour vécu. Si des prêtres ont pu marquer nos histoires personnelles, c’est à cause de leur proximité, un tel qui s’invite à la maison, tel aumônier de lycée pour qui chaque jeune compte vraiment, un autre qui se fait proche des pauvres. Nous entendons souvent l’hymne à la charité aux mariages, il est heureux de le mettre en relation avec la charité pastorale des prêtres ce matin. Eux aussi essaient d’être visages d’un amour qui rend service, qui prend patience, qui ne cherche pas son intérêt. Sans cet amour donné au quotidien, nous risquons de sonner creux, d’être de simples cymbales retentissantes. C’est parce qu’eux-mêmes ont été touchés par cet amour du Christ qu’ils veulent servir ce Dieu charité. Alors en cette année sacerdotale, pourquoi ne pas redécouvrir le don du Dieu amour dans le sacrement du pardon que Dieu offre par le sacerdoce des prêtres ? Et pourquoi ne pas retrouver la proximité avec les prêtres en les invitant simplement à passer chez vous ? Dans des agendas certes remplis, il y a encore place pour cette proximité là en s’organisant un peu, et c’est heureux. Je ne rêve pas de faire la visite de toutes les maisons comme les curés de jadis, et vous avez compris que la proximité doit être l’affaire de toute la communauté, mais il y a place pour ces temps donnés où l’essentiel se dit dans la chaleur d’une maison, où la vérité se dévoile dans la charité vécue. Dans cette eucharistie, rendons grâce pour le don des prêtres que Dieu fait à son Eglise pour que chacun, nourri de la parole, nourri du pain de vie soit au jour le jour en quête de vérité et témoin de la charité.