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Homélie pour la Confirmation Paroisse St Paul / église St Louis La Roche-sur-Yon – 7 novembre 2010

Chers confirmands,

J’aimerai ce matin poser une question, faire avec vous un constat et vous lancer quelques invitations :

1. Voici d’abord la question : comment se fait-il que vous soyez ici ce matin, entourés de vos parrains et marraines, de vos parents et de vos familles ? Accompagnés par des amis aussi et par des membres de la paroisse Saint Paul, heureux d’être à vos côtés.

Comme les jeunes de votre âge, vous aimez le sport, vous pratiquez le basket, le foot, le tennis ou le badminton, le surf ou le ping-pong, le skateboard, le judo, la gym, le rugby, la voile ou encore l’équitation, sans oublier la natation et l’escalade. Beaucoup parmi vous aiment la musique, la nature et les animaux, ou encore les timbres, le dessin, le bricolage, le théâtre, l’ordinateur… et aussi les sucreries et le chocolat ! Vous avez des passions et des projets : vous voulez devenir médecin, ingénieur, journaliste, militaire, vétérinaire ou encore marin. Plusieurs s’interrogent sur leur avenir et même sur leur vocation. Beaucoup, surtout des filles, disent vouloir se marier et accueillir des enfants. Tous, vous aimez retrouver des amis ; votre famille compte beaucoup pour vous, même si parfois tout n’y est pas facile et que vous y rencontrez de vraies épreuves. Vous êtes en 3e ou en seconde. Vous avez des convictions… et beaucoup de questions. Bref, vous êtes normaux et pleins de vie !

Et vous êtes aussi ici en ce dimanche matin, dans cette belle église St Louis, bien fleurie et bien remplie : pourquoi ?

Dans les lettres que vous avez adressées à Mgr Castet, notre évêque, vous répondez vous-mêmes, lorsque l’un d’entre vous écrit par exemple : « je voudrais être confirmé pour avoir une force dans ma vie, un soutien pour tous les jours. Je pense qu’elle m’apportera une assurance pour témoigner de ma foi devant d’autres jeunes » et un autre : « j’ai choisi de me lancer dans le sacrement de la confirmation pour consolider ma foi qui jusque là était quelque peu incertaine. »

En écrivant votre lettre et en vous avançant à l’appel de votre nom dans quelques instants, vous exprimez un choix personnel : « c’est la première fois que je fais un choix mûrement réfléchi » écrit l’un de vous. Un autre dit : « c’est bien moi qui fais cette demande de confirmation » et ajoute : « ma famille m’a simplement aidé ». L’une d’entre vous reconnaît l’importance d’avoir été encouragée : « je dois avouer qu’au départ ce n’était pas vraiment un désir, mais parce que j’avais un sentiment d’obligation, pour faire « plaisir » à « papa, maman ». Mais au cours des réunions et grâce à un groupe génial, j’ai compris que je pouvais rire, m’interroger, apprendre, réfléchir… grâce à Dieu et Jésus. »

J’en profite pour remercier vos parents qui, souvent, vous ont permis de vivre cette belle expérience en vous encourageant à vivre cette démarche : merci chers parents de remplir avec amour et persévérance votre mission d’éducateurs de la foi de vos enfants ! Merci aussi à vous chers grands-parents, témoins importants auprès de vos petits-enfants. Et merci aussi à vous les animateurs d’équipes de préparation : vos noms reviennent souvent dans les lettres, signe de la qualité de votre présence auprès des confirmands !

Chers confirmands, chacun à votre façon, dans votre lettre, lue avec attention, vous demandez si vous pouvez recevoir le sacrement de confirmation : « je vous demande de bien vouloir me donner ce sacrement, qui sera pour moi, non pas un aboutissement, mais un nouveau départ dans ma vie de baptisée » écrit l’une de vous à Mgr Castet.

Oui, notre évêque vous appelle à être confirmés dans la foi de votre baptême. Voici donc la réponse à la question : vous êtes ici ce matin pour continuer l’aventure de la foi ! Car c’est une véritable aventure ! Et la préparation vécue depuis plus d’un an, la demande que vous avez faite sont déjà des signes que l’Esprit Saint, l’Esprit qui unit Jésus à son Père et qu’il nous partage déjà au baptême, que cet Esprit souffle dans votre cœur pour vous aider à faire ce pas. « J’arrive à un stade de ma vie chrétienne où il est nécessaire de faire un pas en avant » écrit d’ailleurs l’un de vous.

Ce matin, votre baptême va donc être confirmé :

  par vous d’abord : vous allez en effet affirmer votre foi publiquement. Vous allez dire votre désir de poursuivre votre vie chrétienne à la suite du Christ Jésus.

  et, surtout, surtout, votre baptême va être « confirmé », rendu ferme, par le Seigneur lui-même ! Oui, comme pour les Apôtres et les premiers chrétiens au jour de la Pentecôte, aujourd’hui, le Père va vous marquer de l’Esprit Saint pour que vous soyez affermis dans la foi, dans l’espérance et dans l’amour, afin d’être vous aussi des témoins vivants et rayonnants de Jésus ressuscité ! Pour que votre façon de vivre sente bon l’amour de Dieu et l’amour des autres comme sent bon le St Chrême, cette huile parfumée bénie par l’évêque, dont vous allez être marqués tout à l’heure.

2. Mais seulement voilà… vous faites vous-mêmes le constat : l’aventure de la foi n’est pas toujours évidente, comme toute aventure ! Il y a des questions. Il peut y avoir des obstacles. On y rencontre des difficultés.

Chers amis, vous avez 13, 14 ou 15 ans, un âge où l’on cherche la vérité et où l’on n’aime pas que les adultes nous racontent des histoires comme si l’on était encore des enfants. Alors je serai vrai ! Suivre Jésus est une aventure passionnante, source de liberté et de joie, mais cela n’a jamais été et cela ne sera jamais un chemin de facilité !

Dans vos lettres, vous exprimez ces difficultés, comme les moqueries ou les oppositions rencontrées quand on se dit chrétien et aussi les questions inévitables que l’on rencontre dans l’aventure de la foi. En voici quelques-unes : « pourquoi moi : pourquoi suis-je née ? Pourquoi d’autres ne sont-ils pas ou plus là ? Comment était-ce avant la vie, comment est-ce après la mort ? » ; « sommes-nous réellement les descendants d’Adam et Eve ? Et les hommes préhistoriques alors ? » ; « pourquoi tant de gens en veulent-ils au Pape ? » ; « comment savoir ce que le Seigneur attend de moi ? » ; « serai-je capable d’annoncer la Bonne Nouvelle ? » ; « pourquoi y a-t-il tant de violence dans le monde ? »

Chacune de vos questions a son importance. Et il vaudra la peine de les approfondir, en famille, dans un groupe paroissial, à l’aumônerie du collège ou du lycée, avec la patrouille scoute ou l’équipe de guides et l’aide de l’aumônier, ou encore avec une équipe MEJ. Pour l’heure, j’esquisse juste deux réponses :

2.1 Par rapport aux moqueries ou aux jugements hâtifs sur l’Eglise en général ou le Pape en particulier. Vous avez entendu comment, dans le récit des Actes entendus tout à l’heure, les réactions sont de deux types : certains s’émerveillent en entendant les Apôtres louer Dieu et d’autres se moquent : « ils sont pleins de vin doux ! ». Comme disciples de Jésus, nous sommes nous aussi confrontés à ces deux types de réaction. Il y a là le jeu de la liberté des personnes et aussi la réalité du combat spirituel dans le cœur des hommes, entre l’Esprit saint et la tentation du péché, de l’égoïsme, de la facilité… L’Esprit Saint dont vous allez être marqués, nous rend forts et libres pour ne pas se laisser arrêter par les moqueries, les oppositions et les découragements. Pensez aux moines de Tibhirine dans le beau film Des hommes et des dieux, que vous avez peut être vu. Par la prière et la vie fraternelle, par le souci de servir les villageois, ils sont ouverts au souffle de l’Esprit Saint, ils grandissent en liberté et ne se laissent pas arrêter par la menace et par la peur. Ils vivent jusqu’au bout en témoins de Jésus.

2.2 Par rapport à la violence, à la souffrance et au mystère du mal, notre foi est aussi travaillée, c’est normal. L’actualité dramatique de cette année 2010 avec les tremblements de terre en Haïti et au Chili, la tempête Xynthia chez nous, les inondations au Pakistan ou encore le massacre récent dans une église de Bagdad font résonner ces questions de toujours : pourquoi le mal, la souffrance de l’innocent ? Comment croire en la bonté de Dieu face à de tels drames ?

Etre chrétien, ce n’est pas avoir réponse à tout. Etre chrétien, c’est se mettre à l’écoute et à l’école du Christ, de Jésus. Face au mal et à la souffrance, Jésus ne fait pas de discours ou de théories : il agit. Il prie son Père et il aide ses frères, il porte leurs peines, il les soutient dans l’épreuve. Jésus à la crèche et sur la croix, c’est Dieu au plus près de nous dans nos pauvretés et nos souffrances. Jésus ressuscité, c’est Dieu qui ouvre un chemin de Vie au-delà de tous les murs et de touts les catastrophes, naturelles ou humaines. Paul Claudel, un écrivain catholique de la première moitié du XXe s., écrivait que « Jésus n’est pas venu expliquer la souffrance, mais qu’il nous donne de pouvoir y rencontrer sa présence » Même là, il se fait proche de nous pour nous libérer de l’absurde et de la mort.

Chers amis, vous le savez, la foi n’est pas une évidence, mais une confiance qui se donne au-delà de l’immédiat et du sensible. Elle est aussi un don reçu au baptême, qui s’accueille dans un cœur disponible, qui se nourrit par la prière et l’échange et qui se vit par des actes posés dans l’amour.

Au long de votre parcours de préparation, vous avez rencontré ou découvert des témoins de la foi, d’aujourd’hui et d’hier, comme St Paul. A votre tour, vous entrez aujourd’hui dans cette longue chaîne de témoins, qui, depuis les apôtres jusqu’à aujourd’hui annoncent aux hommes qu’ils sont aimés de Dieu et que cet amour les appelle à orienter leur vie vers la lumière d’un amour vrai : c’est une belle mission qui vous est confiée ! Avec la force de l’Esprit St, vous en devenez aujourd’hui capables !

3. Aussi, pour finir, quatre invitations, chers confirmands :

3.1 Jésus est proche de vous : soyez proches de lui. Il vous aime. Vous avez un prix infini à ses yeux et il a donné sa vie pour vous, et il continue de la donner dans les sacrements pour transformer la nôtre. Rencontrez-le comme un ami dans la prière.

3.2 Ne restez pas seuls ! On ne peut pas devenir chrétien tout seul ! Nous avons besoin les uns des autres ! Je vous encourage donc à poursuivre l’aventure de la foi, en équipe, comme plusieurs le vivent déjà dans le scoutisme ou un autre mouvement, un groupe paroissial ou encore le pèlerinage des jeunes de Vendée à Lourdes au printemps.

3.3 Prenez toute votre place dans l’Eglise ! Etre baptisé, c’est recevoir l’Eglise comme une maison, qui nous accueille. Etre confirmé, c’est recevoir l’Eglise comme une mission, dans laquelle chacun a sa responsabilité ! « Je voudrais être un témoin, écrit l’une d’entre vous, pas comme les missionnaires qui partent évangéliser à l’autre bout du monde, mais un témoin pour les personnes de mon entourage, pour les aspirantes dans le scoutisme, pour des amis qui ne connaissent pas la foi… être un témoin de tous les jours dans ma vie quotidienne. » La communauté chrétienne a besoin de vous : aujourd’hui, vous en devenez membres à part entière !

3.4. Ouvrez grand votre cœur aujourd’hui ! Adressez-vous personnellement à Jésus ressuscité dans votre prière. Demandez-lui de savoir rester disponible au souffle de son Esprit Saint tout au long de votre vie. Et prenez dans votre cœur tout à l’heure une décision concrète, simple, pour continuer l’aventure de la foi, dès demain. Car vous ne serez plus confirmands, vous serez confirmés ! Qu’est-ce qui va changer dans votre vie ? Se mettre à genoux au pied de son lit le matin, faire un signe de croix et prier un Notre Père : ce peut être une idée. Aller vers celui ou celle qui est un peu seul sur la cour de récré ou dont on se moque facilement : ce peut être aussi une idée…

Notre prière fraternelle vous accompagne en ce jour où vous devenez adultes dans la foi. Avec vous, nous sommes dans la joie ! Amen.

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Abbé Jacques Gomart