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Homélie 3° dimanche Avent Mt 11, 1-11

Mes amis, quel contraste ! Quel portrait différent de Jean le Baptiste l’évangile nous dépeint d’un dimanche à l’autre ; souvenez-vous, dimanche dernier, petit rappel si vous avez raté un épisode, jean invitait fièrement en plein désert à la conversion. Sur de lui, il invitait à préparer le chemin du seigneur, à accueillir Celui qui baptiserait non pas dans l’eau mais dans le feu et dans l’esprit-Saint, Celui qui nettoierait l’aire à battre le blé, qui récolterait le blé et ferait brûler la paille ; Ferveur des commencements, enthousiaste du jeune prophète. Aujourd’hui, le vent a tourné, le fier prophète du désert est un homme emprisonné, en proie au doute tant Jésus semble tarder à s’affirmer comme Messie. Jean est dérouté, prophète malmené. Il envoie ses envoyés demander à jésus : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? Ce doute de Jean rejoint les notres ; qui n’est pas pris un jour ou l’autre par le doute ? Notre monde, notre société dont nous sommes n’est-elle pas prise par ce doute ? Société européenne qui doute : jusqu’où aller pour combler les déficits publics et déjouer les stratégies des spéculateurs ? Quel avenir pour l’euro quand les monnaies sont en concurrence ? Quel effort sommes-nous prêts à faire pour assurer une vieillesse décente à nos plus anciens ? Doute en Eglise : faut-il pour éduquer les enfants se retrouver d’abord entre personnes convaincues dans leur foi ou faut-il se risquer à côtoyer des personnes moins en lien avec l’Eglise pour mieux habiter un monde pluriel et divers. Il n’y a pas que la neige qui met la pagaille dans les esprits. Nous voici donc invités à faire oeuvre de discernement, et déjà à ne pas confondre les deux doutes qui peuvent nous habiter. Le premier doute, le doute originel, il s’insinue dans les esprits à la manière du serpent de la Genèse préchant le faux pour savoir le vrai. Sa technique est simple, s’appuyer sur nos fragilités, sur nos blessures passées, sur nos points sensibles pour saper le moral à la base. A quoi bon ? Pourquoi continuer ? Pourquoi perséverer. II vient remettre en cause les décisions fondatrices, celles que nous avions prises en paix, dans la joie des commencements. Ce doute là est à chasser de nos esprits et de nos coeurs ; Ne laissons pas le serpent à sonnettes nous endormir de ses sornettes. L’autre doute, celui que Jean-Baptiste traverse, est un bien précieux, celui qui donne de conserver l’intuition de départ mais en l’ajustant aux inattendus de Dieu dans notre vie. Ce doute invite à la conversion, à la remise en cause, à entrer dans la perspective du plan de Dieu, du Royaume. Jean, tout grand prophète qu’il est, le plus grand, n’est pas grand chose à côté du plus petit qui entre dans le Royaume des cieux, dans le regard auquel Jésus invite. Quel regard, un regard non pas naïf, mais lucide, un regard éduqué à la patience du cultivateur qui sait attendre le temps de la récolte, de la première et de la dernière, un regard qui évite de s’affoler, d’avoir les genoux qui fléchissent. Que donne à voir Jésus ? Son oeuvre étonnante et discrète à la fois. Oui des boiteux marchent, des lépreux sont guéris, même des morts ressuscitent, et la Bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. Voilà tout le dynamisme de l’évangile déployé, mais cela reste discret car tous les lépreux de Palestine n’auront pas été guéris à la mort de Jésus, beaucoup de morts attendent la résurrection, mais la parole de Dieu fait son chemin, en nos coeurs en proie au doute, un espace surgit pour que la Bonne nouvelle soit accueillie par les pauvres que nous sommes. Essayons cette oeuvre de discernement. Oui, pas assez de jeunes réquentent nos assemblées, mais quand on demande à des lycéens de partager un mot pour Noël à leurs amis et à des enfants malgaches en difficulté, il en sort de belles choses, expérience faite à saint-Jo en ces jours. Lors de la collecte de la Banque alimentaire, surprise pour ces jeunes de voir l’accueil des personnes et les dons fait y compris par des personnes bénéficiaires de l’aide alimentaire A saint-louis, émoi en ces jours, je ne suis pas sûr qu’on est un organiste le 24 au soir à Noël, vous imaginez un monde qui s’écroule, mais la providence est bonne, les hasards du calendrier des familles font que un bon groupe d’instrumentistes sera là. Précarité des felles de ménage mais que l’ACO rejoint de plus en plus. Malheurs de l’alcoolisme mais certains de deux qui mendient à la porte ont choisi de vivre l’abstinence, certains en liens avec les pélerins de l’eau vive. Moins de baptisés mais des demandes à tout âge. Il ne s’agit pas de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein, mais de croire que dans nos vies comme un verre, il ya comme un goût de Royaume qui se ressent que si on prend le temps de déguster la vie de s’arrêter pour discerner l’oeuvre du royaume ; Voilà une source de joie dans l’attente de Noël.