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Homélie 5° dim ordi A SL 06 02 11 Is 58, 1-10 ; Ps 111(112) ; 1 Co 2, 1-5 ; Mt 5, 13-16

Quelle est notre place dans le monde comme chrétiens catholiques ? Quels signes poser pour dire la fidélité de Dieu à ce monde qu’il crée et suscite jour après jour ? Voilà bien des questions qui occupent notre Eglise et que les paroles de ce jour pourraient éclairer. Sans doute le Christ nous appelle t’il à nous libérer de trois tentations au moins ? Celle de la fadeur, celle de l’anonymat, celle de l’éblouissement. Fadeur, tiédeur. Quoi faire avec un sel qui n’a plus de goût, comme si le sel perdait son piquant ? La vie chrétienne au long cours n’échappe pas à cette tentation d’un ordinaire si routinier qu’il en devient insipide. Tentation normale mais comme le livre de l’Apocalypse nous apprend que Dieu vomit les tièdes, nous voici fortement invités à redonner du goût à notre foi. Anonymat. Dans un monde où s’affirmer chrétien est parfois délicat, il est plus facile de se taire, de raser les murs. Certains voudraient faire de la foi une affaire strictement privée, d’autres aiment à se moquer des chrétiens, mais nous pouvons exercer notre liberté de croire : comment ne pas en faire bon usage ? Eblouissement : tentation inverse. Devant la peur d’un effondrement du catholicisme, devant l’obligation soi-disant d’exister médiatiquement pour exister réellement, il faudrait se montrer à tous prix, à tout va, mais la lumière éclaire ce qui l’entoure mais n’a pas vocation à éblouir ceux qu’elle fixerait comme en plein phare. Alors il s’agit d’être sel et lumière en témoignant par nos vies que quelque chose du Royaume de Dieu, du bonheur de l’Evangile se déploie dans nos vies et dans le monde. A quoi servent le sel et la lumière ? Pas à se révéler eux-mêmes mais plutôt à révéler les qualités, les saveurs, les couleurs de ce qui les entoure. Il s’agit donc d’être au coeur de ce monde, de cette vie, assez enfouis, assez insérés pour donner du goût à ceux que nous côtoyons, leur donnant à voir comment une vie selon l’évangile est savoureuse, non sans combat, mais porteuse de sens, d’espérance. Plus profondément, le sel révèle le goût de ce qui l’accompagne, il vient réveler les qualités de l’autre, ce pour quoi il est fait, or nous sommes faits pour vivre de Dieu le Père, pour vivre avec lui. Nous sommes sel de la terre, signe dans la Bible de la fidélité de Dieu, de l’Alliance qui dure, le sel est un bon conservateur. Le sel ne se désigne pas lui-même, il vient dire que Dieu continue à être à nos côtés. Sel nous le sommes au nom du Christ qui s’est incarné, qui est venu dans notre pâte humaine pour lui révéler notre vocation de fils, de fille de Dieu. Nous sommes sel dans le dynamisme de l’incarnation du Fils de Dieu. Lumière, non pas cachée, rangée, non pas éblouissante, mais comme une ville en haut d’une montagne, dont les murs éclairés par le soleil levant inondent de lumière ceux qui la voient. Nous voici inviter à miroiter la lumière du Seigneur, à rayonner de la joie de croire. Comment être sel, comment être lumière ? Ne cherchons pas tant à être visibles qu’à être crédibles ! Comment d’autres nous croiront sel ou lumière si nous laissons celui qui a faim sans ressources, celui qui est nu à la porte ? Nos oeuvres pour un Royaume de justice devraient être le signe visible, crédible que la parole de l’évangile nous a retournés, que notre conversion est bien en cours. Et tant pis si cette année le Carême vient tardivement, soyons sel et lumière dès maintenant, cherchant avec d’autres, avec ténacité comment faire reculer toute forme de pauvreté, de misère alors notre nuit sera lumière de midi. Dans cette eucharistie, Dieu fait signe. Dieu pose le signe du pain et du vin qui deviennent corps et sang du Christ pour que nous soyons sel savoureux, lumière rayonnante de l’amour du Seigneur en actes. Laissons l’Esprit Saint déployer en nous ce désir de donner goût à la vie, de témoigner du Christ de manière lumineuse et éclairante.

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Abbé François Bidaud