Autres articles dans cette rubrique

Accueil du site || Homélies || Homélies archivées- paroisse St Paul || Comment vivre les exigences de l’évangile ?

Homélie 6° dimanche ordinaire A Notre Dame 13 02 11 Ben Sirac 15, 15-20 ; Ps 118 (119) ; 1 Co 2, 6-10 ; Mt 5, 17-37

Quel évangile exigeant ! Il est des jours où l’on pourrait croire que l’Ecriture donne raison à Michel Onfray, pourfendeurs des chrétiens. Pour lui, le christianisme rend la vie impossible. Comment vivre les exigences de l’évangile ? Jésus semble nous présenter une morale au-dessus de nos forces. Pour peu que nous nous connaissions un minimum, nous nous savons loin de ce qu’il demande dans le détail. Comment accueillir cet évangile comme une Bonne nouvelle ? En recueillant deux clès de compréhensions dans la 1° et la 2° lecture.

1° clè : ce que Dieu veut, c’est que nous vivions pleinement de Lui et en Lui et cela suppose de notre part un choix, un véritable choix. Devant nous, voici l’eau et le feu, la vie et la mort. Dieu veut que notre vie soit un ’oui’ plein, entier, libre à sa vie, à son amour. Avant de rechigner devant la Loi, allons-nous, avec confiance dire oui à la vie que Dieu offre ? C’est bien sur dans cette vie accueillie que l’évangile va se révèler non seulement vivable mais vital.

2° clè : en poussant le bouchon un peu loin, Jésus ne serait-il pas en train de nous réveler le vrai sens de la Loi et des commandements, à savoir son sens originel, celui qui était caché depuis les commencements mais qui ne demandait qu’à se réveler en plénitude ? Avec le Bibliste, Paul Beauchamp, il nous faut entendre les exigences évangéliques comme un appel à acueillir le projet d’origine, initial, comme une sagesse tenue cachée, prévue par Dieu dès avant les siècles, pour nous donner la gloire, comme l’écrit Saint-Paul aux Corinthiens. Nous ne sommes plus à l’Alliance de Moïse, mais à l’Alliance originelle.

Revenons alors à l’évangile avec ces deux clès : un appel à choisir la vie, une révélation du projet originel du Dieu créateur. Pour déployer notre existence pleinement comme un oui à la vie de Dieu, nous pouvons laisser son amour dynamiser dans toute notre vie, jusqu’à l’origine, jusqu’à la racine, jusqu’au plus profond de notre être.

Ne nous contentons pas de refuser le meurtre, allons à la racine du mal, là où la tentation du meurtre prend racine, dans cette colère qui nait dans notre coeur que Dieu dans la victoire du Christ mort et ressuscité vient extirper. Accueillir la vie du ressuscité, c’est entrer dans une logique de réconciliation qui mène loin.

Ne nous contentons pas de refuser l’adultère, mais allons à la racine du mal, là où la tentation de l’adultère prend racine, dans ce désir de la femme de l’autre ( vous noterez qu’il n’est pas question du désir de l’homme, messieurs, Matthieu est réaliste), ce désir qui nait dans notre coeur et que Dieu dans la victoire du Christ mort et ressuscité vient extirper. Accueillir la vie du Ressuscité, c’est entrer dans une logique de respect qui mène loin.

Voilà comment la Loi s’accomplit en détail non pas de manière scupuleuse, mais en traversant toute notre pâte humaine, tout notre être dans tous les domaines de l’existence. Nous voici invités à dire oui à la vie de Dieu pour que son amour nous renouvelle entièrement.

Oeuvre de toute une vie sans doute, mais oeuvre du jeu de la volonté de Dieu et de la nôtre, de la grâce et de la liberté, où se révèle la grandeur de la dignité humaine. Dieu nous demande beaucoup car il nous a rendu capable de beaucoup, créés à son image et à sa ressemblance.

En ce dimanche de la santé, rendons grâce pour ceux qui disent aussi oui à la vie dans le choix des soins, dans le choix de servir le plus fragile, le plus vulnérable de la conception à la mort naturelle, et même dans les drames de la vie, maladies longues, maladies invalidantes, maladies chroniques. Au coeur des ces vies éprouvées, la grandeur de l’humanité resplendit avec plus d’éclat encore. L’être fragile nous renvoie à notre propre vulnérabilité et à ce Dieu qui suscite la vie, qui par les mains des frères et soeurs en prends soin.

Rendons grâce pour le Christ qui de par ses exigences révèle la grandeur de l’homme et sa dignité. Il nous capable de choisir la Vie.

JPG - 3.6 ko
Abbé François Bidaud