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Homélie 8° dim ordi A Dt 11, 18.26-28.32 ; Ps 30 (31) ;Rm 3, 21-25a.28 ; Mt 7, 21-27 SL 06 03 11

A quelques jours du Carême, il n’est pas inutile de déjà se disposer à entrer dans ce temps fort de renouvellement de notre vie chrétienne. Les textes de ce jour pourraient bien nous disposer à ne pas louper le top départ de ce temps qui s’ouvre dès mercredi.

Qu’est-ce que la parole de Dieu vient nous dire d’essentiel de notre vie chrétienne ?

La vie chrétienne, c’est du concret qui ouvre à la vraie Vie pourvu que nous nous fondions sur l’amour du Christ sauveur.

La vie chrétienne c’est du concret. On pourrait se satisfaire de notre désir de Dieu. C’est bon de dire Seigneur, Seigneur, de nous tourner vers Lui dans la prière, et le carême est un moment favorable pour vivre plus fidélement la prière, mais si nous ne mettons pas en pratique ce que nous discernons de la volonté du Père, nous nous égarons. C’est bien de venir chaque dimanche vivre l’eucharistie mais si ça ne rejaillit pas sur notre manière de vivre notre semaine, nous risquons de louper le but. Déjà Moïse avait prévenu, ce qui compte c’est bien la mise en pratique des commandements. La foi, elle se donne à voir par un agir, pas seulement par des bonnes intentions, ni même par un désir d’agir au nom du Seigneur. C’est dans le quotidien de nos vies que le Seigneur nous veut témoins de la nouveauté de l’évangile. La vie chrétienne s’inscrit dans l’existence comme Dieu s’inscrit dans notre humanité par son Fils Jésus. Pas de faux-fuyant, pas d’idéalisation. La vie chrétienne, c’est dans le réel de nos vies, de notre humanité, quelqu’il soit.

La parabole proposée par Jésus nous apprend que ce réel n’est pas sans épreuve. Les deux maisons ne subissent pas le même sort compte tenu de leur différence de fondation, sur le sable ou sur le roc, mais aucune n’est épargnée par le vent, la pluie et les torrents. Ne rêvons pas d’une vie comme d’un long fleuve tranquille. Si notre vie spirituelle ressemblait ce genre de cours d’eau comme la Seine cherchant méandre après méandre à rejoindre la mer, ce n’est pas forcément signe d’une grande vitalité. La vie chrétienne si elle n’est pas toujours un fleuve impétueux, est du moins plus une source vivifiante,une source jailissante, une source d’eau vive que Jésus fera découvrir à la Samaritaine assoiffée. Nous voici appelés à prendre notre vie au sérieux ; c’est là que Dieu nous donne rendez-vous.

Cette vie chrétienne, elle nous ouvre à la Vraie vie, celle que Dieu veut faire grandir en nous. Si Dieu propose à son peuple des commandements, c’est bien pour servir la vie. Suivre les commandements, c’est une bénédiction, c’est du bonus. Dans l’évangile, faire la volonté du Père, c’est construire sa vie sur du solide. On a pu parfois présenter la vie chrétienne comme une série de permis et de défendus légalistes qui emprisonnaient. Mais la vie chrétienne est bien au service d’un bonheur à construire jour après jour. Si nous perdons cette perspective du bonheur, notre agir risque de s’enfermer dans une morale trop légaliste. Paul lui-même fait l’expérience des limites de la Loi qui dans sa seule application ne rendait pas juste. Elle est utile en ce qu’elle aide à voir clair sur le péché, sur la justesse de notre relation à Dieu, mais elle n’est pas en mesure de nous ajuster à Dieu, de nous rendre justes. C’est là que nous avons besoin de nous fonder sur Dieu lui-même. Qu’est-ce qui donne à notre vie chrétienne de se déployer sinon cet ancrage dans l’amour de Dieu qui sauve ? Expérience décisive pour Paul. C’est l’amour du Christ révélé dans sa démesure par le don de sa vie sur la Croix qui est notre socle, notre appui, notre fondation. Déjà Moïse apprenait au peuple que la loi devait s’inscrire en chaque personne, dans son coeur. « Les commandements que je vous donne, mettez-les dans votre coeur. » La loi ne doit pas être une contrainte extérieure, mais avec le Christ, elle est cette loi intérieure, ce dynamisme de la vie même de Dieu en nous dans l’Esprit-saint qui peut entrainer toute notre vie à la suite de Jésus. Alors notre agir n’est pas une oeuvre qui nous justifierait devant Dieu de manière bien orgueilleuse. Regarde ce que j’ai fait de bien Seigneur comme des bons points qui donneraient des droits devant Dieu. Notre agir juste est le fruit de l’amour de Dieu déposé en nous, il est déploiement de l’amour reçu au baptême qui ne demande qu’a grandir, qu’à murir. Il est ajustement de notre volonté à la volonté du Père, au projet du Père qui veut donner à toute personne de vivre de sa vie.

Rendons grâce dans cette eucharistie pour le Christ qui nous rend justes, pour la foi de notre baptême appelée à se mettre en oeuvre, à se dire en actes jour après jour, comme témoignage de Celui sur qui nous fondons notre vie. Christ mort et ressuscité pour notre vie. [doc764|left]