Autres articles dans cette rubrique

Accueil du site || Homélies || Homélies archivées- paroisse St Paul || Le Dieu que Jésus nous révèle invite large

Homélie 28° dim ordi A Is 25, 6-9 ;Ps 22(23) ; Phi 4, 12-14. 19-20 ; Mt 22, 1-14 SL 08-09 10 11

Drôles de noces. Jésus nous présente de drôles de noces pour parler du Royaume des cieux. Drôles de noces censées évoquer la nouveauté de la vie avec Dieu son Père et entre frères et sœurs. Drôles de noces où les 1° invités non seulement ne viennent pas, mais encore tuent les serviteurs porteurs des invitations. Tuerie ruineuse pour la ville des invités. Drôles de noces où finalement le roi invite n’importe qui au banquet. Drôle de banquet où celui qui n’a pas revêtu la tenue de noce se trouve rejeté.

Essayons d’y voir clair en contemplant les différents personnages, le roi qui invite, les invités qui refusent de venir et ceux qui acceptent, l’invité mal habillé et les serviteurs. Nous pourrions bien apprendre comment mieux vivre en communauté tout au long de cette année. Contemplons ce roi qui marie son fils, ce Dieu Père qui veut sceller l’Alliance du Christ avec l’humanité. Souvenez-vous, le Dieu maitre de la vigne ne cessait d’embaucher du matin au soir. St Matthieu complète le portrait du Père. Il ne cesse d’inviter. Le peuple juif en premier, mais voilà les serviteurs, prophètes invitant à retourner à la première alliance, rejetés, maltraités, tués. Les 1° chrétiens interpréteront la ruine de Jérusalem en 70 comme le signe que Dieu lance une nouvelle invitation plus large encore, dépassant les frontières du judaïsme, invitation adressée aux chrétiens, et à toute l’humanité. Le Dieu que Jésus nous révèle invite large, sans distinction aucune, sans même s’occuper d’abord d’une rectitude morale ; voici réunis pour le Royaume les bons et les méchants. Dieu n’en restera pas là, nous y reviendrons. Rendons grâce pour ce Dieu qui ne se lasse pas d’inviter, qui n’attend pas que nous soyons fin prêts, parfaits pour venir au banquet du Royaume. Ce matin, chers amis, si nous sommes là, c’est que nous comptons parmi ces invités, pas triés sur le volet, selon les critères mondains qui président aux choix des convives des diners en villes, des jeunes danseurs des rallyes ou autres associations de bienfaisance où on entre par cooptation. Pour le Royaume, Dieu invite large. Heureux sommes nous d’être là malgré nos limites, nos fragilités, notre péché même. Dieu nous invite à signifier le Royaume les uns avec les autres, de toute origine, de toute générations, de toute obédience politique, que l’on aime ou non les machines et les bassins. Regardons-nous les uns les autres comme ayant tous reçu le même carton d’invitation avec étonnement, émerveillement. Heureuse diversité !

Mais pourquoi alors à la venue du roi, ce pauvre homme qui n’a pas la tenue de noce se trouve t’il rejeté ? La venue du roi, c’est le temps de la venue de Dieu pour le jugement final. Il ne suffit pas de se réjouir d’être invités, encore faut-il vivre dans la dynamique du Royaume, dynamisme de conversion, dynamisme de relation personnelle nourrie de la foi en Dieu. Il ne suffit pas de se nourrir au repas de l’eucharistie sans s’inquiéter de ceux qui n’ont pas de quoi manger, de quoi vivre ou survivre. Que sert-il d’être de la noce si le cœur n’y est pas ? Que sert-il d’être invités au Royaume si notre vie ne s’y conforme pas ? Et pour l’Évangile, le vêtement dit ce que nous sommes. L’invité n’a pas jugé bon habiller sa vie des couleurs de l’Evangile. Triste choix. Choix mortel.

JPG - 3.6 ko
Abbé François Bidaud