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Homélie 30° dim ordi A SL SP 22-23 10 11 Ex 22, 20-26 ; Ps 17(18) ; 1 Th 1, 5c-10 ; Mt 22, 34-40

Il est des moments dans la vie, où il nous faut redire ce à quoi on tient, ce qui est essentiel, sans trop se disperser. Il s’agit d’aller au coeur de la foi. L’évangile de ce jour invite à aller à l’essentiel. Jésus révèle l’un des aspects les plus décisifs de la foi chrétienne. Comment ? Reprenons la question qui lui est posée, sa réponse, et quelques indications pour la vivre. La question se veut de la part des pharisiens un piège tendu à Jésus. Où est le piège ? Difficile de dire quel est le grand commandement parmi les 613 prescriptions de la Loi. Ça fait beaucoup, mais le nombre n’est pas anodin. 613, c’est 365 plus 248. 365 jours dans l’année, 248 parties dans le corps humain pour les juifs de l’époque. C’est dire que la Loi concerne toute l’existence, tout notre être, tout le temps. La loi est donc utile pour toute la vie. Elle est respectable ; elle dit comment vivre en réponse à l’Alliance scellée par Dieu avec son peuple, ce n’est pas rien. Alors comment aller à l’essentiel, comment dire le coeur de la Loi ? La question est débattue à l’époque de Jésus. Répondre c’est s’engager, prendre un risque. Jésus ne se défile pas, mais sa réponse conduit bien plus loin que ce que ses auditeurs attendaient. Non pas un grand commandement, mais deux, et l’un et l’autre sont semblables. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme ert de tout ton esprit. » « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Avouons qu’il y a de quoi être désarçonné : aimer Dieu et aimer son prochain, c’est quand même pas la même chose. Aimer Dieu, c’est prier, c’est s’ adresser à lui, c’est venir à la messe. Aimer le prochain, c’est servir le frère, la soeur, soigner nos relations de famille, être généreux. Eh bien pour les chrétiens, nous le savons bien , les deux commandements se lisent l’un avec l’autre, l’un par l’autre. Comment peux-tu prétendre aimer Dieu que tu ne vois pas si tu n’aimes pas ton frère que tu vois ? avertit Saint-Jacques. Jean Vanier puise sa capacité à aimer la personne handicapée en n’oubliant jamais qu’elle reçoit sa dignité comme créée par Dieu, comme venant de Dieu. Le double commandement devrait nous empécher d’être schizophrénes, penser à Dieu le dimanche et aux frères er soeurs la semaine, jamais l’un sans l’autre. Comment le vivre et le vivre bien ? Ne considérons pas ce double commandement comme une simple loi à respecter, mais allons plus loin. Il ne s’agit pas seulement de suivre la Loi, mais de suivre le Christ. Qui mieux que Lui a intériorisé le double commandement ? Qui mieux que Lui vit ce qu’il dit par ce qu’il est. Fils de Dieu, il aime son Père de tout son coeur, de tout son être. Il aime le prier, sa vie rayonne de cette relation. Qui le voit, voit le Père. Homme parmi les hommes, Il nous apprend la véritable humanité, celle qui se fait don de soi, charité vraie. Qui mieux que Lui réalise en sa personne cette unité du double commandement ? Qui mieux que Lui peut nous aider de l’intérieur par sa vie, son amour en nous à vivre en aimant Dieu et notre prochain en cohérence, dans un dynamisme renouvelé. Baptisés, vivants avec le Christ vivant, vivant du Ressuscité, nous avons en nous l’énergie pour inventer sans cesse coment lier amour de Dieu et amour du prochain de tout notre être. Cette semaine Mgr Dagens évêque d’Angoulême redonnait quelques clés pour situer notre présence de chrétiens dans la société française. Il redisait l’intuition du Concile approfondie par Jean-Paul II. La route de l’Eglise, c’est l’homme. Puisque Dieu s’est fait conversation, dialogue avec l’homme en Jésus venu en notre monde, c’est à partir de cette humanité, partagée, de cette proximité que nous pouvons témoigner de l’amour de Dieu. Quelqu’un posait une question à Mgr Dagens ? Y’a t’il besoin de rites, de s’agenouiller pour prier, ne faut-il pas mieux servir les plus pauvres ? Il répondait les deux. On peut s’agenouiller pour dire notre humilité devant la grandeur de Dieu, dans le sacrement de l’eucharistie, mais Jésus nous apprend à nous mettre à genoux devant le frère quand il lave les pieds de ses disciples leur demandant de faire comme il a fait. Aimer Dieu, aimer son prochain ; Le livre de l’Exode invite à ne pas prêter à des taux trop forts pour le pauvre. Que sommes-nous prêts à donner comme européens pour aider le peuple grec, tout en posant quelques exigences pour l’avenir ? Nous sentons bien que cette question posée depuis quelques mois va trouver sa réponse dans nos propres existences, dans nos propres porte-monnaies. En Jésus vivant, par l’Esprit-saint, nous apprenons comment aimer Dieu son Père et de manière inséparable, le frère, la soeur, celui, celle dont je suis appelé à me faire proche. Rendons grâce dans cette eucharistie pour celui qui nous donne d’entrer toujours plus loin dans le dynamisme de l’amour.

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Abbé François Bidaud