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Homélie Noël 2011 Saint-Louis

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Abbé François Bidaud

Selon la presse locale, je serais Vrp du Père Noël ? Du Père Noël, allons, plutôt Vrp des commerçants de la rue... A vous d’en juger et vous verrez, cela a quelque chose à voir avec la venue de cet enfant. Anne Charrier, gérante de la charcuterie d’à côté a eu l’idée de photographier tous les commerçants de la rue. Chaque portrait était affiché sur les vitrines du commerçant concerné. L’opération atteint son but, on en cause, on se parle, cela crée du lien, un peu d’humanité, de proximité. Et voici qu’on me demande que la galerie de portraits soit projetée sur l’église pour cette fin d’année. Et tout à l’heure, vous pourrez faire un détour et admirer ces photos Beaux portraits de gens pris dans leur métier, leur activité et je ne dis pas ça parce que je suis de la galerie. Pourquoi évoquer ces portraits en ce soir de Noël ? D’abord parce que ces visages me parlent de Dieu. Etrange ? Non. Depuis que Dieu a pris visage d’homme, tout visage humain devrait nous évoquer Dieu Noël, c’est Dieu venant rejoindre notre humanité et donc toute personne en est marquée, mieux en porte le signe. Alors en regardant les portraits des commerçants, j’aime ces visages représentant des professions diverses, des boulangers, des banquiers, des coiffeuses, des restaurateurs, des cordonniers, des patissiers, des fleuristes et j’en passe. Ces visages, projetés sur l’église, sont comme des santons d’aujourd’hui à l’image des santons de toutes condition, de tout pays qui ornent nos crèches. Je récupère les commerçants dans ma crèche. Pas tous, mais certains sont venus voir la crèche, alors...

Quand Dieu se fait homme, en faisant alliance ainsi avec l’humanité, c’est chaque pays, chaque culture qui est épousée, rejointe par Dieu. Les crèches miniatures évoquent cet enfant sous des cultures variées, venant rejoindre chacun dans son histoire. Vous pourrez admirer une crèche de style japonais, une autre bolivienne, ou mexicaine, touareg, indienne, russe, salvadorienne.

Ainsi depuis Noël, une chose au moins est sûre : pour Dieu, qui que nous soyons, nous avons du prix, une valeur infinie. Ces visages en portrait disent la grandeur de l’homme. Et en ce sens, ils disent quelque chose de Dieu. Depuis Noël, depuis que Dieu a pris visage, nous savons combien il nous estime ou du moins nous le devinons, car il nous estime plus que nous n’oserions le penser, l’imaginer. Ce Dieu auquel Jésus donne visage pour nous ne juge pas, ne condamne pas, ne dévisage pas, il envisage, il regarde l’avenir, il nous espère. Un exemple, Il ne dévisage pas Zachée, mais il l’aperçoit dans son arbre et s’invite à sa table, d’homme à homme, en face en face, alors Zachée se convertit sans perdre la face. Alors un avenir de partage, de don, de générosité s’envisage : je donnerai quatre fois que ce que j’ai volé ; volte face. L’amour envisage et espère. Il ira lui Jésus jusqu’à devenir visage bafoué, humilié dans un jusqu’au bout de l’amour. Il appelle à faire des choix, choix crucifiants parfois ; par son amour envisagé, nous pouvons laisser ces passions qui nous tirent bien bas pour devenir peuple ardent à faire le bien.

Dès lors comment envisager l’avenir ? Nous ne pourrons pas partir comme avant. Noël, une simple parenthèse de douceur et de paix ? Non, l’enfant grandira ; il est force de vie, il est espérance plus forte que la mort Dans la nuit de Noël, c’est déjà la nuit de Pâques qui se dessine. Peuple qui marchait dans les ténèbres, voulons-nous accueillir la lumière du Ressuscité ?

Ce soir, nous recevons une espérance dont nous aurons bien besoin pour 2012. L’Eglise ne propose pas de solution miracle à ce que nous traversons. Mais Dieu donne jour après jour la nourriture pour le traverser. Pourquoi faudrait-il vous contenter d’une eucharistie de temps à autre ? Un réveillon par an, voire deux soit, mais quand c’est un repas où c’est Dieu qui invite, ça vaut le coup d’y réfléchir, non ?

Quelle espérance pour 2012 ? Cet enfant nous dit qu’un avenir est possible. Quand Dieu vient épouser l’humanité, c’est pour nous dire sa confiance en cette humanité : pour peu que nous le laissions nous inspirer. Nous voici capables de solutions nouvelles, de conversions de nos modes de vie grâce à Dieu.

A force de douter de Dieu, nous finissons par douter de l’homme, mais ce soir, Dieu se fait homme ; il est Sauveur de l’intérieur même de notre humanité. Pourquoi ? Pour dire que Dieu son Père ne doute pas de nous, de notre capacité à rebondir, à inventer un monde plus juste, à sortir par le haut, devenant peuple ardent à faire le bien. Ce que nous recevons ce soir, ce n’est pas pour nous seuls, c’est comme un cadeau à offrir et pas seulement au pied du sapin, c’est pour le service de ce monde aimé de Dieu. Ah oui, le père Noël, j’oubliais. Vous lui direz au Père Noël qu’un Sauveur est né : belle nouvelle, non ? Beau cadeau, ce serait bête que personne ne lui en offre. Ce soir, puisque Dieu nous rejoint dans ce nouveau-né, naissons à l’espérance ! Lettre écrite par la paille de la crèche aux enfants

Vous ne le saviez pas, chers enfants, mais moi, la paille de la crèche, j’ai un secret à vous dire en ce soir de Noël Ecoutez-bien. Moi la paille, on ne s’interesse pas beaucoup à moi. Je suis la tige du blé. On s’interesse aux épis pour faire la farine du pain, mais moi, la paille, on me casse, on me broie, on m’enterre, et si on on me garde, c’est pour que les animaux se couchent sans trop faire attention à moi. Mais ce soir, quelle nouvelle, ce soir selon la chanson, l’enfant est sur la paille. En fait dans la mangeoire avec mon ami le foin. Ce soir je porte l’enfant Jésus. Il repose sur moi. Quel honneur ! Quelle chance ! Il est si pauvre qu’il nait sur la paille. Il n’y a pas de place dans les chambres de l’auberge. L’enfant m’a confié une mission : voulez-vous accueillir Jésus chez vous, pas seulement dans votre crèche ? En vous, dans votre coeur, c’est plus chaud que la paille. Et puis vous demanderez à vos parents s’ils savent ce que ça veut dire être sur la paille. Ils vous expliqueront et je suis sûr que vous saurez partager avec ceux qui sont sur la paille. Ce serait pour moi un beau cadeau de Noël