Autres articles dans cette rubrique

Accueil du site || Homélies || Homélies archivées- paroisse St Paul || Eglise, née du don de la vie du Christ
JPG - 3.6 ko
Abbé François Bidaud

Nous voici rassemblés autour de la table : grande tablée des fêtes de familles Nous voici rassemblés par le Christ autour de l’unique table de la Parole et de l’Eucharistie, où nous formons Eglise, corps du Christ. En cette année où nous essayons de donner goût d’Evangile à nos relations familiales, deux images peuvent nous aider, deux images complémentaires reçues de la tradition de l’Eglise. Et si nos familles étaient comme une petite église, une église à la maison, une église domestique comme l’indiquait Jean-Paul II Et si notre Eglise était une famille comme l’écrivaient les Pères du Concile Vatican II. Nos familles, une petite église ? C’est bien dans la petite enfance que les récits de la Bible se transmettent. Déjà,dans la tradition juive dont nous sommes héritiers, le mémorial de la 1° Pâque, de la libération d’esclavage d’Egypte se fait en famille. Que l’on prenne un agneau par famille et on invite son voisin pour partager la Pâque. Combien de livres, de DVD, de CD qui aident à ce que les récits de la foi se racontent et se transmettent de génération en génération. On peut même prier en famille ; moments d’inégale valeur quant au recueillement si j’en crois les parents qui m’en parlent, mais là, comme par osmose, la foi grandit. On éduque à la contemplation en faisant cette belle ballade, en faisant halte dans une église dont on contemple les vitraux. Mille manières de grandir dans la foi. Difficile pourtant me direz-vous de transmettre la foi, quand elle n’est pas partagée par le conjoint, par l’ado en plein doute, quand elle se transmet difficilement, quand les plus âgés ont l’impression d’avoir loupé quelque chose. Mais au quotidien, la foi passe aussi par les pieds ou les mains : c’est bien par le service qu’on est initié. Les parents ou les ainés de la fratrie lavent les pieds des plus jeunes. Se transmet ainsi le sens du service. On sert et on dessert la table, et quand la spontanéité ne suffit plus, on organise des tours de service. Jésus a lavé les pieds de ses disciples signifiant le don de sa vie par amour. Au quotidien, en famille, la charité grandit dans ces services apparemment banals mais où la vie chrétienne comme vie donnée transforme nos existences et imprégne nos familles. Oui, en ce soir du jeudi saint, où Jésus laisse à ses amis ce geste si concret du lavement des pieds, retrouvons le goût d’évangile de ces gestes apparemment anodins du quotidien : là, la charité se donne à voir. Famille, pette église : rendons grâce pour ces vies données à la suite du Christ serviteur. Notre Eglise est-elle une vraie famille ? L’expression des Pères du Concile est-elle juste ? Nous voici catholiques des trois paroisses de la ville, avec nos diversités, nos richesses et nos pauvretés. Avons-nous conscience d’avoir besoin les uns des autres pour être signe de l’amour de Dieu au coeur de cette ville dans ses diversités, de réseaux, de quartiers ? Je nous imagine comme dans un jeu de 7 familles : il pourrait y avoir les Groseille et les Duquenoy, comme au cinéma, mais affinons le propos. Dans une famille, il ya le grand-père qui a grandi dans le scoutisme, la grand-mère au club de basket du patronage, la mère a fait des colos sur la côte, le père a fait le petit séminaire, le fils est au Scouts Unitaires de France, la fille est aux scouts et guides de france et ça se passe bien... Dans une autre famille, le grand-père a perdu la foi en Algérie, la grand-mère a fait de la Jeunesse Agricole chrétienne, le père est organiste, la mère est catéchiste après avoir été animatrice ACE, le fils aime aller à Taizé, la fille préfére la messe en grégorien à cause d’une des ses copines de la fac. Etonnant, non ? Dans cet autre famille, le grand-père a été servant d’autel, la mère était enfant de Marie, le père est membre du conseil économique et aime embarquer la famille aux sessions de Paray le Monial, la mère est présidente de l’Apel, la fille va au groupe paroissial, le fils fait du MEJ... pense â être prêtre mais se demande si ça vaut le coup tellement ils voient ces cathos se critiquer à cause de leurs sensibilités, de leur manière de prier, et j’en passe et des meilleurs. Je vous laisse en famille compléter ce jeu des 7 familles. Eglise, née du don de la vie du Christ mort et ressuscité pour nous, église dans la diversité des charismes que Dieu suscite, saurons-nous nous recevoir dans un esprit de famille ? Il n’y a pas de famille sans histoire, sans discussion parfois houleuse, mais, dans les années qui viennent, comment saurons-nous vivre la diversité ? Cette réponse en partie vous appartient.