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Homélie 6° dim Pâques 20 05 12 SL Ac 1, 15-17.20a20c-26 ; Ps 102 (103) ; 1 Jn 4, 11-16 ; Jn 17, 11b-19

Être dans le monde sans être du monde, comment comprendre cette manière de se situer dont parle Jésus pour lui-même et pour ses disciples. A travers cette manière d’être, il s’agit bien d’éviter deux écueils. Le premier, à vouloir être du monde, on finit par s’y dissoudre en perdant la saveur évangélique. Il ne s’agit pas de renoncer à être levain dans la pâte, comme enfouis dans l’ordinaire des jours pour faire lever la pâte humaine pour que le monde grandisse, mais parfois, à être du monde, nous ne serions qu’un élément de la pâte, sans saveur, ni odeur, insipide comme le sel qui se dénature et qu’on foule aux pieds. Il ne s’agit pas donc d’être insérés dans ce monde au point de nous y perdre, au point d’épouser les opinions en cours, les conformismes mondains pour entrer dans le moule mais en y perdant notre âme. Mais le second écueil existe aussi : à ne pas vouloir être du monde, on se met à distance pour se protéger d’influences néfastes. On prend soin de rester entre soi, entre gens triés sur le volet, à notre image et à notre ressemblance, au risque du repli communautaire, et de réflexes identitaires qui enferment plus qu’ils n’ouvrent à la mission. Comment naviguer entre ces deux écueils en gardant le cap d’une vie évangélique ? Être dans le monde sans être du monde, comment faire ? Être dans le monde : nous n’avons pas d’autre lieu que ce monde pour vivre. C’est bien dans nos lieux de vie, dans nos relations familiales, dans nos insertions professionnelles et associatives qu’il s’agit d’exister et pas ailleurs. Il s’agit bien de se préoccuper de l’avenir de ce monde ci, de ce que nous voulons léguer aux générations futures comme planète habitable, comme société, comme Eglise et donc y prendre place chacun pour notre part. Personne ne le fera à notre place. Ou si d’autres le font, nous ne pourrons pas nous plaindre. Mais il s’agit d’y être sans en être, c’est-à-dire en ayant chevillé au cœur et au corps une espérance qui nous fait voir un peu plus loin. Chrétiens, nous croyons que notre vie ne trouve son sens plénier qu’en Dieu, Celui qui ne cesse de créer la vie, Celui qui nous a recréés au baptême, qui nous donne de communier à la vie de son Fils ressuscité comme un avant-goût de la vie éternelle. Cette espérance d’un autre monde, du Royaume dont Jésus parle sans cesse dans les évangiles est un appel à faire que ce monde ci y ressemble de plus en plus. C’est Dieu qui y travaille, son Esprit est à l’œuvre, mais il compte aussi sur nous. Cette manière de voir au loin nous donne de vivre d’une manière particulière en ce monde, nous attachant plus à ce qui peut durer qu’à ce qui passe, nous préoccupant plus des personnes que des objets. Cette espérance nous pousse à ne pas vivre n’importe quoi, et à viser plus loin, plus haut, pas forcement plus fort mais, plus dense. Faut-il alors opposer cet être dans le monde et ce ne pas être du monde. Non, mais vivons-le comme une respiration essentielle qui donne souffle à la vie et spécialement à celle de vos enfants. La vie chrétienne est une respiration où la messe, l’eucharistie donne le rythme. Vous êtes inspirés de venir rencontrer la communauté chrétienne le dimanche mais aussi dans d’autres lieux, équipes. Chaque dimanche, en apportant le pain et le vin, nous apportons la vie, notre vie, celle du monde, ce qui est fruit de la terre, de la vigne, du travail des hommes dit la prière. Heureux-sommes nous de pouvoir déposer notre vie, nos peines et nos joies devant Dieu, mieux en Dieu par l’offrande que le Christ fait de notre humanité en se donnant lui-même au Père. Inspiration où nous puisons du souffle dans la fraternité d’une communauté toujours à parfaire, dans la communion au Christ par l’écoute de la parole et par le pain devenu sa vie partagée. Inspiration. De notre vie à la vie de Dieu. Expérience de n’être pas du monde. Expiration. Allez dans la paix du Christ. Envoi. Que cette communion reçue, vécue entre nous donne souffle à ce monde, à nos lieux de vie, pour changer de manière réaliste et avec espérance ce monde en attente. Expiration au cœur du monde pour vivre en témoins, en artisans de communion entre les hommes, les femmes, les enfants quels qu’ils soient. Allez, soyez dans le monde. Inscrivez la force de l’évangile là où vous êtes. Que la messe donne dimanche après dimanche du rythme à notre vie pour marcher au rythme de Dieu, en communion avec Lui. Pour prendre souffle, une proposition pour vous parents et amis, le parcours Alpha. Saisissez cette chance à la rentrée. De la convivialité, un apport, un partage en petit groupe. Réfléchissez-y, parlez-en entre vous.

Enfants :

connaître Jésus depuis les commencements jusqu’à la résurrection : être amis vous aussi par la catéchèse, par ce que vous vivez en famille, à l’école, … par la communion, connaître Jésus de manière plus proche, plus intime. C’est le signe qu’il a donné de sa présence pour apprendre à le connaître

Communier, c’est demeurer, comme les sarments unis au cep ; demeurer pour aimer Etre en communion avec lui pour aimer comme lui : ce que vous recevez c’est une force pour aimer chez vous

Joie : anniversaire ; fête, mais il n’est pas là ; la vraie joie, c’est d’être avec Lui. Communier pour être avec Lui.

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Abbé François Bidaud