Accueil du site || Homélies || Homélies archivées- paroisse St Paul

Homélie Fête du Saint-Sacrement 10 06 12 SL

Fête du Corps et du Sang du Seigneur, fête du Saint-Sacrement. Comme un prolongement des fêtes pascales, l’Église nous offre cette fête où il s’agit de discerner le Corps du Christ Le Christ est présent dans le Sacrement du Corps et du Sang pour vivre à sa suite, et pas n’importe comment, nous le verrons. Il se donne à voir et à croire dans le Saint Sacrement pour mieux le voir dans l’Eglise, j’en tirerai deux conséquences.

Le Ressuscité se rend présent dans le sacrement de l’eucharistie. Comment ne pas rendre grâce pour cette présence simple et essentielle pour notre vie chrétienne ? Et la prière d’adoration vient cultiver en nous ce désir de demeurer en présence de Jésus le Vivant, présent sous les espèces eucharistiques. Grandir dans la conscience et la foi en cette présence dans le sacrement de l’eucharistie ne peut pas être un simple vis-à-vis de la présence du Seigneur en face de la nôtre. Dans ce corps à corps, dans ce cœur à cœur, il n’est pas seulement question de sentiment d’amour qui grandit dans l’admiration parce que Dieu se donne à voir ainsi sous le signe du pain. Sa présence dit plus que cela. Quand Dieu se fait eucharistie, il est un corps donné, un corps livré, un sang versé, un sang répandu pour l’Alliance. Le Fils n’est pas seulement présent, il agit, il continue d’être Celui qui se donne pour sceller l’Alliance nouvelle et éternelle. Déjà, dans l’ancienne Alliance, on répandait le sang pour dire qu’on était uni pour la vie. Le sang est signe de cette vie qui coule en nos êtres. Verser le sang, c’est donner sa vie. Alors quand Jésus présente le vin devenu sang versé pour la multitude, c’est qu’il se présente à nous comme Celui qui se donne et apprend à se donner généreusement, radicalement. Alors en reconnaissant le Ressuscité présent dans son corps et son sang, reconnaissons aussi qu’Il s’offre à nous en chaque eucharistie pour faire de notre vie un don libre et généreux. Il est présent. Il est un don. Il se donne pour que nos vies soient données. Discerner le Corps du Christ, c’est toujours lier le Corps du Christ sur l’autel au Corps du Christ que nous formons. Il nous faut avoir autant de respect pour l’un et pour l’autre. La présence du Seigneur est plus dense dans le Corps qui est sur l’autel ; la présence du Seigneur n’en est pas moins réelle dans le Corps que nous formons. J’en tire aujourd’hui deux conséquences.

La première a trait au malaise qui traverse l’Église et dont les médias voudraient s’emparer. Fuite d’informations confidentielles au Vatican, article d’un média local s’emparant de tensions entre les autorités du diocèse et un certain nombre de prêtres et de laïcs. Communier au Corps du Christ qui est sur l’autel, c’est communier à l’Église que nous formons. Soyons clairs : qu’il y ait des tensions dans notre diocèse, c’est vrai. Mais comme je le rappelais cette semaine devant les frères prêtres du conseil presbytéral en tant que secrétaire général, en présence de notre évêque, nous n’entrerons pas, que nous soyons prêtres, diacres ou laïcs dans la spirale de la polémique que certains cherchent à développer. L’évêque était tout à fait en droit d’aller ordonner des diacres de la Fraternité St Pierre intégrée à l’Église catholique depuis 1988 même si l’aspect extérieur des rites peut étonner, mais l’évêque a aussi reconnu qu’il avait « sans doute fait une erreur d’appréciation » en n’informant pas les prêtres qui auraient pu expliquer au préalable le sens de la démarche.

En cette année ou nous continuons à donner goût d’évangile à nos relations familiales, si vous me permettez l’expression, s’il est besoin de laver du linge sale, nous le faisons en famille et dans un esprit de famille, en communion fraternelle et surtout pas sur la place publique. Le contraire sera néfaste et pour l’évêque, et pour le diocèse. Si des questions se posent, nous cherchons les réponses dans le dialogue vrai, rugueux parfois, respectueux toujours, et pas par des médias interposés. Dont acte.

La deuxième conséquence, je la tire d’une des plus belles grâces de mon ministère passé avec vous. Il se trouve que parmi vous, des personnes divorcées remariées font le choix réfléchi, onéreux, douloureux, mais vrai et nourrissant de ne pas communier concrètement en recevant l’hostie en essayant de s’approprier ce que demande l’Église. En disant ceci, je souligne mon profond respect pour celles et ceux qui dans la même situation font un autre choix en conscience éclairée par ce que dit l’Église dans un désir de cheminement en fonction de leur situation. Mais le fait que certains parmi nous choisissent de communier différemment est un appel fort pour chacun de nous et la communauté, le Corps du Christ que nous formons. En ne recevant pas concrètement le Corps du Christ dans l’hostie, elles découvrent l’importance de la communion fraternelle, d’être comprises et soutenues par les autres membres. Elles découvrent combien la prière du prêtre est une prière faite au nom de tous, et chacun, en communion avec le prêtre signe du Christ conduisant son Église peut s’offrir de tout son être quand le Corps et le sang du Christ sont offerts au Père. Et nous qui communions si facilement, si aisément, si souvent et parfois si banalement, il convient de nous interroger : ai-je conscience de la chance qu’il m’est donnée dans cette communion, qu’est-ce que j’en fais ? Que fais- je du frère, de la sœur qui ne peut communier comme moi ? Où est le Corps du Christ ? A l’autel seulement ? Non, bien sûr que non. Que le Ressuscité qui se donne Corps et Sang nous donne de former sans cesse son Corps qui est l’Église dans une fraternité renouvelée qui fera signe au cœur du monde.

Derniers articles de cette rubrique

Articles de cette rubrique